Je suis Valérie Wolff.

Quel est votre métier ? Que faites-vous au quotidien ?

Je suis AVS (Auxiliaire de Vie Sociale) secteur handicap. Cela fera 15 ans au Réseau APA en Janvier 2021, et j’ai le même plaisir à retrouver mes bénéficiaires pour les aider chaque jour. Comme l’aide au lever, l’aide à la toilette, l’aide dans leur quotidien, pour leur faciliter et le rendre le plus doux  possible. Juste être là pour les écouter, en leur montrant qu’ils ne sont pas seuls… Rien de mieux donc, qu’une petite photo avec cette bénéficiaire que j’adore, Georgette, qui s’est prêtée volontiers et avec plaisir au jeu de la photo pour ce témoignage 😊

Qu’est ce qui est le plus dur pour vous pendant ce reconfinement?

Faire comprendre à nouveau que certains services ne peuvent plus être faits comme avant. Par exemple : emmener les bénéficiaires aux courses, c’était et c’est souvent, leur seule sortie, un moment de détente et de partage avec nous. Avec le reconfinement, ils se sentent privés de ce moment à eux.

Qu’avez-vous appris du 1er confinement ? 

Que quand on veut on peut, malgré les contraintes dues aux nouvelles règles sanitaires. Continuer à être là pour aider différemment… Il suffit d’avoir une bonne équipe et ça fonctionne tout seul.

C’est quoi votre truc en plus, pour aider vos clients à mieux vivre ce reconfinement ? 

Comme pour le premier confinement, l’empathie, la douceur, l’écoute et le fait de leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls, aide beaucoup.

Essayer de sourire avec les yeux car j’avoue que le masque, pour moi, nous coupe socialement. Parfois un simple sourire redonne le moral, malheureusement aujourd’hui on ne peut plus. Même mes bénéficiaires me montrent que le masque prive de ce lien si important…

C’est quoi votre « belle histoire Covid » ? 

On apprend à sourire avec les yeux et on devient un peu plus tactile. On touche plus facilement une épaule ou une main pour montrer qu’on compatit.

Un message pour vos collègues ?

Chères collègues, vous pouvez être fières de vous, de ce que vous avez accompli lors du premier confinement et celui-ci. Ne lâchez rien car on ne lâche rien. On reste tous présents, alors bravo à vous et sincèrement merci (merci surtout, à Marie et Anna qui assurent et n’ont pas la tâche facile…)

Cette année a été bouleversante, déroutante, stressante, pour tout le monde. Si nous devons tirer du bien de tout ça je dirais que, la générosité a su reprendre le dessus et nous avons ouvert les yeux différemment sur le monde. Cela a surtout permis de montrer que nous, les petites mains de l’ombre, sommes si importantes. Bien souvent nous sommes oubliées et négligées et nous avons été trop peu citées lors de cette crise sanitaire. Mais nous, petites mains de l’ombre, sommes ce lien si important pour nos bénéficiaires, face à leur maintien forcé à domicile…

Cette crise, ces confinements, nous ont permis de valoriser notre métier et montrer que nous, petites mains de l’ombre, sommes le premier lien de cette chaîne humaine pour la santé de nos bénéficiaires. Sans nous, ce maintien à domicile est compliqué, parfois impossible. Certes, nous ne sommes pas médecins ou infirmières, nous ne sauvons pas forcément des vies au sens littéral du terme, mais nous sommes tout aussi importantes. Car d’une autre manière, nous sauvons des cœurs en bernes… Nous réparons des fractures avec la famille ou les amis, refermons des blessures de solitudes et remplissons à nouveau certaines peines de doux souvenirs et de joie à nouveau. Il aura fallu cette crise pour le montrer au monde. AVS du secteur handicap depuis 15 ans : je suis fière de moi et de mon métier…