Myriam EL KHOMRI, ancienne Ministre du Travail, a remis ses propositions à Agnès BUZYN, ministre des Solidarités et de la Santé, afin de renforcer l’attractivité des métiers du Grand Age. Le Réseau APA a pris connaissance des 59 propositions opérationnelles, et insiste sur l’urgence d’agir car le secteur de l’aide à domicile est déjà à bout de souffle.

 

« Certains diront qu’il est noble, d’autres diront qu’il est ingrat… » expliquait l’aide-soignante membre de l’équipe projet de Myriam EL KHOMRI en parlant de son métier. « N’oublions pas que demain nous serons à leur place [celle des personnes âgées]. Alors commençons dès aujourd’hui à changer le regard que nous portons sur elles et sur les métiers du grand âge » rappelait aussi l’auxiliaire de vie membre de l’équipe projet.

Si les métiers liés au grand âge sont porteurs de sens et d’une utilité sociale majeure incontestable, ils souffrent d’un manque d’attractivité : y remédier est la mission qui a été confiée au début de l’été par la ministre des Solidarités et de la Santé à Myriam EL KHOMRI. Ce constat majeur a en effet été une prise de conscience du gouvernement lors de la remise du rapport Libault, qui analysait les résultats de la grande concertation nationale « Grand Age et autonomie » menée en octobre 2018.

 

D’importants moyens à mettre en œuvre

Pour répondre aux besoins de prise en charge du grand âge, des financements massifs devront être dégagés pour créer, et donc former, d’ici 2024, en moyenne, 18 500 postes par an : c’est ainsi que débute le plan d’action de Myriam EL KHOMRI. La création de ces postes représenterait, à elle seule, 450 millions d’euros par an pendant 5 ans, sur un plan d’action global qui nécessiterait au minimum 825 millions d’euros par an.

Un sondage réalisé par Opinion Way pour UNA, dont est membre le Réseau APA, révélait en effet que 10 % des demandes d’accompagnement n’avaient pu être honorées en 2018, en raison du manque de personnel. 19 % des postes à pourvoir sont restés vacants cette même année. A l’heure actuelle, au sein du Réseau APA, acteur majeur de l’économie sociale et solidaire qui intervient en Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Saône-et-Loire, 800 postes sont vacants.

 

Travailler l’attractivité

Pour mieux recruter, Myriam EL KHOMRI propose de rénover les conventions collectives, avec un socle commun (il existe 7 conventions différentes) pour garantir des conditions plus attractives d’emploi et de rémunérations. Le plan d’action du gouvernement inclurait également l’amélioration de la qualité de vie au travail. Le Réseau APA est en train de tester dans le Haut-Rhin un nouveau système d’organisation du travail qui permet en effet de réduire l’amplitude horaire journalière de ses salariés, mais également de valoriser davantage leur professionnalisme en leur proposant de fonctionner en mode « équipe autonome » inspiré du modèle néerlandais Buurtzorg. Des accords d’entreprise pour valoriser également l’engagement des salariés ont été mis en place. Un dispositif de prévention des troubles musculo-squelettiques est par ailleurs en construction au sein du Réseau APA. Passer en phase de déploiement de telles réformes nécessite également d’importantes ressources.

 

Rendre plus lisible et mieux former

Le Réseau APA fait vivre sa propre école de formation interne pour renforcer les compétences et faire évoluer ses salariés. Cependant, afin de faire face à la pénurie de candidats, l’équipe projet de Myriam EL KHOMRI recommande de moderniser l’ensemble des formations donnant accès aux métiers du Grand Age, en développant l’apprentissage et le processus de validation des acquis par l’expérience (VAE). L’enjeu est résolument de mettre en lumière de véritables carrières dans les métiers du Grand Age. Actuellement, plus de 60 diplômes différents conduisent aux métiers du Grand Age : les jeunes et les personnes en reconversion professionnelle manquent de lisibilité sur les perspectives.

 

Mettre l’innovation technologique au service de l’aide humaine

Afin d’augmenter la qualité de service auprès des bénéficiaires et de leurs aidants familiaux, le Réseau APA se sert des nouvelles technologies pour améliorer la communication, détecter les fragilités pour les traiter à temps, en mode prévention. Tout comme la télémédecine qu’il a mis en place aux domiciles de patients, ou encore le robot d’animation utilisé pour seconder ses ergothérapeutes, l’ensemble des technologies numériques adaptées par le Réseau APA pour ses métiers va contribuer également à enrichir et faciliter le quotidien des salariés, et attirer des jeunes ! De manière générale, Myriam EL KHOMRI propose de soutenir et évaluer les démarches innovantes dans l’organisation du travail.

 

« Il est important de travailler la notion de parcours de soin et de considérer l’aide à domicile comme un partenaire de prévention nécessaire pour les établissements et les hôpitaux, et non une option de second plan. Il est urgent d’enfin donner plus de moyens au domicile » insiste Pierre KAMMERER, directeur général du Réseau APA. En d’autres termes, augmenter l’attractivité des métiers du domicile, c’est aussi apporter de vraies marges de manœuvre à la crise des urgences, et permettre de raccourcir et éviter des hospitalisations.

Le rapport EL KHOMRI conclut sur la nécessité d’inclure le chantier de l’attractivité des métiers dans la future loi Autonomie et Grand Age qui devrait être présentée en Conseil des ministres en décembre, mais également, et ce ne sera pas une mince affaire, de trouver une traduction budgétaire au sein d’un projet de loi de financement rectificative de la Sécurité Sociale, dès 2020.

 

 

Qui est le Réseau APA ?

Né dans le Haut-Rhin en 1947, le Réseau APA accompagne 45 000 bénéficiaires chaque année. Il est un acteur majeur de l’Economie Sociale et Solidaire sur le quart Est de la France, dans le domaine de l’aide et des soins à la personne. Au service d’une cause sociale, non lucrative, le Réseau APA accompagne les personnes dans leur projet de vie. Il réinvestit le fruit du travail des 5150 salariés et 900 bénévoles qui le composent, dans des projets à fort impact social. Attentif aux besoins évolutifs de la population et de ses salariés et bénévoles, il ose se remettre en question pour rester en permanence dans la performance sociale et économique, avec un seul mot d’ordre : accessibilité pour tous.

 

Contact presse

Aurélie ALTHEIMER
Responsable Communication – Réseau APA

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